Nom: Antoine De Saint-exupery
Pays: France
Langue: Français
Biographie:
Antoine de Saint-Exupéry naît à Lyon le 29 juin 1900. Après Marie-Madeleine (1897) et Simone (1898), il est le fils de Jean et Marie de Saint-Exupéry. François (1902) et Gabrielle (1903) viendront agrandir la « tribu », qui se voit très vite privée de son chef, victime d'une attaque alors qu'Antoine n'a que quatre ans. Quittant Lyon, Marie de Saint-Exupéry s'installe avec ses cinq enfants dans la propriété de son père à La Mole, dans le Var, puis à Lyon, chez la comtesse de Tricaud. La vie familiale se partage alors entre l'appartement de la place Bellecour et le château de Saint-Maurice-de-Rémens, près d'Ambérieu-en-Bugey, dans l'Ain. En 1909, Antoine et François font leur rentrée scolaire au collège de Sainte-Croix du Mans. Lorsque la guerre éclate, Antoine et François sont inscrits au collège de Mongré à Villefranche-sur-Saône, puis en Suisse, à Fribourg, chez les frères marianistes. En juillet 1917, Antoine réussit son bac littéraire, au moment où meurt son jeune frère, atteint de rhumatismes articulaires.
À Paris, Antoine prépare l'entrée à l'École navale et découvre les mirages de la vie parisienne. Échouant au concours, il s'inscrit aux cours de l'École des Beaux-Arts puis est appelé sous les drapeaux en avril 1921. Il est affecté à sa demande au deuxième régiment d'aviation de Strasbourg, chez les « rampants ». Il prend alors des leçons de pilotage avec un instructeur civil, Robert Aéby. Son brevet en poche, il est envoyé au Maroc pour se perfectionner. Il rentre en février 1922 et est muté au camp d'Avord comme apprenti pilote, puis à Villacoublay. Rendu à la vie civile en 1923, Antoine retrouve Paris. Il se fiance à Louise de Vilmorin. Mais sa future belle-famille lui demande d'abandonner la carrière de pilote, jugée trop dangereuse. Privé de pilotage, Antoine est engagé comme comptable aux Tuileries de Boiron puis est représentant de commerce pour les Camions Saurer. Yvonne de Lestrange, qui a décelé ses talents littéraires, lui présente Jean Prévost, rédacteur en chef de la revue littéraire Le Navire d'Argent. Saint-Exupéry lui adresse sa première nouvelle, « L'Aviateur », publiée dans la livraison d'avril 1926. Quittant son emploi fin 1925, Saint-Exupéry passe son brevet de pilote professionnel. Grâce à l'intervention de l'abbé Sudour, son mentor du collège Bossuet, il rencontre Beppo de Massimi, directeur de la société Latécoère. Ce dernier l'adresse à Didier Daurat, chef d'exploitation de la compagnie à Toulouse, qui l'engage d'abord comme mécanicien.
Logé à l'Hôtel du Grand-Balcon à Toulouse, Saint-Exupéry a pour voisins de chambre les pilotes Jean Mermoz et Henri Guillaumet. Autorisé à convoyer du courrier de Toulouse à Alicante, il reçoit, la veille de sa première mission, une mémorable « leçon de géographie » de Guillaumet. Après Alicante, Saint-Exupéry transporte le courrier jusqu'à Casablanca, puis sur la ligne Casablanca-Dakar. La découverte aérienne du continent africain l'enchante, mais la vie au sol le déprime. Après une année passée au service du courrier, Saint-Exupéry est nommé chef d'aéroplace à Cap Juby, sur les côtes mauritaniennes, le 19 septembre 1927. Dès son retour à Paris en mars 1929, Saint-Exupéry propose Courrier Sud à Gaston Gallimard, qui en accepte le manuscrit et fait signer à son auteur un contrat pour sept romans. Écrit dans la solitude du Sahara, Courrier sud est un premier roman nostalgique dans lequel l'auteur parle de son expérience de pilote. Le personnage de Geneviève évoque le souvenir de Louise de Vilmorin, la fiancée perdue. Le livre qui sort à l'automne est préfacé par André Beucler. Après dix huit mois passés dans le Sahara, Saint-Exupéry prend quelque repos dans le midi de la France, chez sa sœur Gabrielle d'Agay, puis part pour Brest suivre un cours de navigation aérienne. Il apprend alors qu'il doit rejoindre ses camarades Mermoz et Guillaumet en Argentine, à Buenos Aires ; il est nommé directeur de l'Aeroposta Argentina.
Le 13 juin 1930, Henri Guillaumet est pris dans une tempête de neige au dessus de la Laguna Diamante. Le pilote pose son avion et tente de rejoindre à pieds la civilisation. Il y parvient après avoir erré pendant huit jours dans les Andes qui « en hiver ne rendent point les hommes ». Dès l'annonce de sa disparition, Saint-Exupéry et le pilote Deley se relaient pour tenter de retrouver leur camarade : « L'un et l'autre, cinq jours durant, nous fouillâmes cet amoncellement de montagne, mais sans rien découvrir. » Dès que Saint-Exupéry apprend que Guillaumet a été retrouvé, il s'envole à la rencontre du rescapé. « Ce qui compte, c'est de faire un pas, encore un pas. C'est toujours le même pas qu'on recommence » témoigne Guillaumet, exténué par son exploit. À l'automne 1930, Saint-Exupéry rencontre Consuelo Suncín, veuve de l'écrivain Gomez Carillo, consul général d'Argentine à Paris et membre du Tout Paris des Arts et des Lettres, elle-même peintre et sculpteur. Il est séduit par la joie de vivre de la jeune femme qui, suite à la révolution qui éclate en Argentine, retourne passer Noël dans sa villa de Cimiez près de Nice. En février 1931, Saint-Exupéry rentre en France. Mais dès le mois de mars, la mise en liquidation judiciaire de l'Aéropostale l'empêche de reprendre son poste sur le continent sud-américain. Il retrouve André Gide à Agay et lui fait lire le manuscrit de son nouveau roman, écrit en Argentine : « [...] un livre sur le vol de nuit. mais dans son sens intime, c'est un livre sur la nuit. ». Enthousiasmé par le ton très nouveau du récit, Gide propose de le préfacer. Le roman sort en septembre et obtient un succès considérable (un million d'exemplaires vendus en France, six millions dans le monde), couronné par le prix Fémina décerné le 4 décembre 1931. Lors de son séjour sur la Côte d'Azur, Saint-Exupéry a retrouvé Consuelo. Le jeune couple décide de se marier. La cérémonie religieuse, célébrée par l'abbé Sudour le 12 avril 1931 à Agay, est suivie du mariage civil le 22 à Nice. Suit alors une période d'instabilité professionnelle, durant laquelle Saint-Exupéry est, successivement, pilote au Maroc (1931-1932), pilote d'essai d'hydravions (1933) et journaliste reporter à Moscou (1935). En novembre 1935, Saint-Exupéry fait une série de conférences sur l'Aéropostale et parcourt quelque onze mille kilomètres autour de la Méditerranée — de Casablanca à Athènes, en passant par Alger, Le Caire et Istanbul.
Pour tester l'endurance des avions, le ministère de l'Air organise des raids dont les primes attirent les pilotes les plus audacieux. Saint-Exupéry, qui n'a pas de situation fixe, accepte de prendre part au raid Paris-Saïgon : il doit rallier les deux villes en moins de cinq jours et quatre heures. À bord de son Caudron Simoun F-ANRY, il s'envole le 29 décembre 1935 en compagnie de son mécanicien André Prévot. Dans la nuit du 30, l'avion percute le sommet d'un plateau rocheux et s'écrase dans le désert. Retrouvés par des bédouins après trois jours d'errance, les deux hommes, exténués, passent un mois au Caire avant de rentrer en France. Pressé par le journal L'Intransigeant, Saint-Exupéry raconte son aventure dans une série d'articles repris plus tard dans un chapitre de Terre des hommes.
Suite au retentissement de ses articles sur Moscou et sur son accident en Libye, Saint-Exupéry est envoyé par L'Intransigeant faire un reportage sur l'Espagne en guerre. En août 1936, il est sur le front de Barcelone, d'où il reviendra bouleversé
À son retour d'Espagne, Saint-Exupéry voyage en Allemagne à bord de son Simoun. À Wiesbaden et Berlin, il constate avec effarement la montée du nazisme et comprend que la guerre est inévitable. Un an plus tard, à la suite des accords de Munich signés dans le nuit du 29 au 30 septembre 1938, il écrit une série d'articles qui pose brutalement la question que tout le monde a en tête : « La Paix ou la Guerre ? »
En février 1938, Saint-Exupéry tente un second raid : partant de New York, il doit atteindre Punta Arenas, à l'extrème Sud de la cordilière des Andes en Terre de Feu. Toujours en compagnie d'André Prévot, à bord de son nouveau Caudron F-ANXR, il quitte New York le 14 février et atteint Guatemala City sans encombre. Mais au décollage, l'avion trop chargé en carburant va s'écraser dans un champ. On retire les deux hommes dans un piteux état : Saint-Exupéry reste hospitalisé un mois au Guatemala puis effectue sa convalescence à New York. Ses éditeurs américains le pressent de relater ses souvenirs dans un recueil de récits : Terre des hommes. Le livre paraît en février 1939 en France, où il reçoit le grand prix du roman de l'Académie française, puis aux États-Unis, en juin, sous le titre de Wind, Sand and Stars (National Book Award, 1939). Pour la promotion de son livre, Saint-Exupéry fait plusieurs séjours à New York. Alerté par des rumeurs de guerre, il revient en France en juillet 1939.
À la déclaration de guerre, Saint-Exupéry, capitaine de réserve, est mobilisé le 4 septembre 1939 à la base de Toulouse-Francaval. Nommé professeur de navigation aérienne, il refuse ce poste et fait tout son possible pour être affecté dans l'armée active. En novembre, il rejoint le groupe de grande reconnaissance aérienne « 2/33 » à Orconte en Haute-Marne. Le mauvais temps empêche les avions de sortir : « La boue. La pluie. Les rhumatismes dans la ferme. Les soirées creuses. La mélancolie du doute. L'inquiétude des 10 000 mètres. La peur aussi. »
En mai 1940, la guerre éclair permet aux pilotes de sortir de leur inactivité. Ils ne sont que cinquante à assurer la sécurité de tout le territoire et les équipages disparaissent au fur et à mesure, sans être remplacés. Le 22 mai, Saint-Exupéry est envoyé en mission de reconnaissance au-dessus d'Arras. Pour avoir mené à bien son action, il sera décoré de la croix de guerre avec palmes. En juin, c'est l'exode, marée humaine en migration qui bouleverse Saint-Exupéry. Le groupe « 2/33 » doit se replier à Bordeaux. S'emparant d'un Farman, Saint-Exupéry s'envole pour Alger d'où il espère pouvoir continuer le combat. Quelques jours après son arrivée, l'armistice est signée ; les pilotes sont démobilisés le 5 août 1940. Saint-Exupéry s'installe alors à Agay où il rédige Citadelle. Mais il a besoin d'action.
Débarquant aux États-Unis le 31 décembre 1940, Saint-Exupéry se donne quatre semaines pour convaincre les Américains d'entrer en guerre ; son exil durera un peu plus de deux ans. À New York, il se retrouve au sein d'une communauté française déchirée par les querelles de partis. L'attitude apolitique de Saint-Exupéry lui vaut des inimitiés tant dans le camp gaulliste que dans le clan de Vichy.
En août 1941, invité par par Jean Renoir à Hollywood, Saint-Exupéry quitte New York et son ambiance irrespirable. Souffrant encore des séquelles de son accident au Guatemala, il profite de son séjour californien pour se faire opérer. Au cours de sa convalescence, il rédige Pilote de guerre qui paraît en février 1942, illustré par son ami Bernard Lamotte. Les Américains sont bouleversés par ce récit qui leur permet de comprendre qu'avant d'être écrasée sous la botte allemande, la France s'est battue. En France, le gouvernement de Vichy n'accepte d'éditer le livre qu'en deux mille exemplaires, que la censure allemande décide de retirer de la vente. Malgré cette interdiction, des éditions clandestines circulent : Pilote de guerre se lit sous le manteau.
Depuis des années, Saint-Exupéry dessine, dans ses courriers, sur des nappes de restaurant ou sur des feuilles volantes, un petit personnage qui hante son esprit. Séduits par ce petit bonhomme, les éditeurs américains de Saint-Exupéry lui suggèrent de lui donner vie en écrivant un conte pour enfants. Après avoir demandé de l'aide à son ami Bernard Lamotte, Saint-Exupéry renonce à cette collaboration et crée lui-même ses personnages. Installé à Bevin House à Long Island, Saint-Exupéry passe l'été 1942 à mettre en forme Le Petit Prince, demandant parfois à des amis de passages de prendre la pose pour mieux croquer une attitude.
Prévu pour Noël 1942, le livre n'est publié aux États-Unis qu'en avril 1943 car Saint-Exupéry tarde à en remettre le manuscrit et les illustrations. Dès sa sortie, l'ouvrage obtient un succès considérable. « Nous n'avons pas besoin de pleurer les frères Grimm quand les contes de fées comme Le Petit Prince peuvent encore tomber des livres d'aviateurs et de tous ceux qui se dirigent par les étoiles », écrit P.L. Travers, l'auteur de Mary Poppins.
Ce succès n'a fait que croître d'année en année, chaque génération offrant à la suivante la part de rêve qui a bercé son enfance. Publié à plus de sept millions d'exemplaires en France, traduit en cent quinze langues, du tiffinagh au japonais et du créole réunionnais au breton, Le Petit Prince a fait le tour du monde.
Les Américains ont débarqué en Afrique du Nord le 8 novembre 1942. La réplique allemande est immédiate : la zone libre est envahie. Sans tarder, Saint-Exupéry lance un appel à la radio américaine N.B.C. : « Français réconcilions-nous pour servir. À quoi bon s'embourber dans les anciens litiges. Il convient d'unir, non de diviser, d'ouvrir les bras, et non d'exclure. » Son message sera mal interprété.
Ecœuré, Saint-Exupéry décide que le moment est venu pour lui de retourner au combat. Après maintes démarches, il obtient enfin sa réintégration dans le groupe « 2/33 ». Il rejoint Alger en mars 1943, véritable « panier de crabes » où sont regroupées toutes les factions et les haines qu'elles suscitent.
Saint-Exupéry rejoint le « 2/33 » à Oudja au Maroc, où il apprend à piloter un nouvel avion très sophistiqué : le Lightning P38. Il souffre de la chaleur, de l'intensité des entraînements faits pour des hommes qui ont à peine la moitié de son âge. Dans le cockpit trop étroit pour lui, ses anciennes douleurs se réveillent. Mais il garde son enthousiasme.
À la fin du stage, Saint-Exupéry retourne à Alger où il est promu commandant en juin 1943, puis effectue sa première mission au-dessus de la France le 21 juillet. Suite à une erreur de pilotage lors de sa seconde mission, il est mis en réserve de commandement. Malgré l'intensité de la vie intellectuelle algéroise et la rédaction de Citadelle, Saint-Exupéry n'a qu'une envie : reprendre le combat.
Pendant l'hiver 1943-1944, Saint-Exupéry fait tout ce qui est en son pouvoir pour reprendre du service. Il rencontre le général Eaker, commandant en chef des forces armées en Méditerranée qui lui permet, en mai 1944, de réintégrer le « 2/33 » à Alghero en Sardaigne. Cinq missions lui sont accordées à titre exceptionnel. Le photographe John Phillips, envoyé spécial de l'Herald Tribune, fait un reportage sur la vie du camp et demande à Saint-Exupéry un article pour son journal ; « La lettre aux jeunes Américains » n'arrivera à New York qu'après le débarquement du 15 août 1944.
Passant outre les ordres qui lui ont été donnés, Saint-Exupéry multiplie les vols de reconnaissance. Le 31 juillet 1944, il s'envole de Borgho en Corse où le « 2/33 » est installé depuis le 29 juin. Saint-Exupéry ignore qu'au retour de cette ultime mission, le général Gavoille, pour préserver la vie du pilote, a décidé de lui apprendre la date du débarquement allié en Provence ; ainsi informé, Saint-Exupéry ne pourrait plus prendre le risque de se faire capturer par les Allemands. Le Lightning P38 s'envole à 8h45, avec une réserve de carburant pour quatre de vol. À 14h30, les autorités militaires sont toujours sans nouvelles du pilote et de son avion. Le commandant Antoine de Saint-Exupéry est porté disparu.
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